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2e carnet en Argentine
Villa La Angostura, Patagonie, Argentine
29 janvier 2007 
Après avoir vécu la Capitale Argentine et le bord de mer à quelques heures à son sud, puis de nouveau Buenos Aires…. pour laisser ma fille Rozana à l’Aéroport dans les mains de mon amie Dorotéa pour leur grand retour vers Montréal… voilà que je vais seul ici en Patagonie après 20 heures de bus de la Capitale jusqu’au sud du pays… du côté de la cordillère des Andes à deux pas et demi de la frontière avec le Chili…
Comme il est grand ce pays du nord au sud et d’est en Ouest… Ici à Villa La Angostura où je me trouve chez Bunga la sœur de Dorotéa, qui a 3 magnifiques ados… je laisse le temps … mon
temps prendre son cours après deux semaines et demi d’intensité avec le soleil de ma vie… ma tendre Rozana.
Depuis quelques jours donc que je partage l’annexe de la maison avec un perroquet, deux chats et le meilleur ami de l’homme de la maison qui me rend visite à l’occasion… Je n’ai pas trop bougé depuis… à peine deux grandes excursions avec un argentin rencontré dans le bus Buenos Aires- Bariloche et qui venait passer quelques jours à Villa La Angostura pour vendre des vêtements… Malgré un relâchement qui m’amène à plutôt choisir le chemin du repos que celui de parcourir le monde… je m’en serais voulu de ne pas au moins faire quelques excursions pédestres dans cette partie nord de la Patagonie. Mais mon énergie ne m’amènera pas à en faire beaucoup plus… du moins c’est ce que je croyais jusqu’à samedi soir. 
En prenant une bière au pub de la place après avoir mangé une truite citronnée et déguster une demi-bouteille d’un fameux Cabernet Sauvignon local, il m’est venu un grand flash… une sorte d’appel des Dieux, de l’Univers, des étoiles (ou peut être de la fameuse Comète qui est passée par ici et que nous avons pu très bien observer…) Je me suis rappelé tout à coup la conversation téléphonique que j’ai eu avec mon amie Miriam en septembre dernier,(Ici j’ouvre une parenthèse pour vous dire qu’ elle est avec toute sa petite famille dans l’Altiplano Bolivien dans un village à 4000 M d’altitude… comme coopérante du CECI pour deux ans… elle (et toute la petite famille) a tout lâché : job (comme organisatrice communautaire au CLSC St-Henri), location de leur appart… les enfants qui allaient à l’école… etc… pour aller s’installer pour deux ans dans ce bled bolivien… où à part une race de patate qui résiste au froid et à l’altitude rien ne pousse… sauf évidemment des Vicunas (petits lamas) qu’on soustrait la laine et aussi les sourires de ces petits Aymaras aux joues brûlés par le soleil andin … fin de la parenthèse)….
Je me suis donc remis devant ma choppe de bière de ce pub d’un village de la Patagonie, qui ressemble étrangement à un St-Sauveur rempli de touristes en plein été, avec comme exception la cordillère des Andes en arrière plan… Dans ce pub donc, jouant sur l’écran géant des vidéos des
hits des années 80, mais sans le son puisqu’on a préféré le hip hop pour garder les jeunes comme clients alors que nous aurions pu danser sur les paroles de « Caméléon » de Boy George…
Tout à coup… assieds seul au bar, je me repose les grandes questions existentielles… pourquoi je voyage, pourquoi suis-je ici dans un lieu si similaire à chez nous… que suis-je venu y faire, qui suis-venu y rencontrer… vous voyez ce genre de questions… Et là bang…je repense à cette discussion téléphonique avec Miriam, dans laquelle j’avais renoncé à son invitation d’aller en Bolivie, prétextant que c’était trop loin et que durant ce voyage je voulais surtout connaître et me concentrer sur le pays du Tango…
Je me suis donc mis à commencer à calculer les jours qui me restaient de voyage avant le retour, et me suis dit peut-être que ça vaudrait la peine d’y aller… peut-être qu’il y aurait un avion jusqu’au nord du Chili (ARICA pour ceux qui connaissent la géographie sud-américaine) et de là prendre un bus pour aller en Bolivie… (4-5 heures à ce qu’il paraît du souvenir que j’en garde…) …
Cette idée ne me quitte plus depuis… recherches sur internet, visite dans les agences de voyages… etc… j’ai quelques heures pour prendre une décision … Cet appel de la Bolivie est du à l’envie de revoir Miriam et de la voir à l’œuvre dans le contexte de l’organisation communautaire de ce coin de pays, transférant son expérience de concertation des quartiers du Sud-Ouest de Montréal vers l’Altiplano bolivien afin de contribuer à trouver des solutions par la concertation locale du milieu de la santé, à réduire la mortalité infantile du aux conditions de vie et au manque d’eau et d’hygiène. Elle semble (ainsi que Chavin et les deux enfants) comme nous l’indiquait son dernier E-mail, heureuse comme un poisson dans l’eau…
Dois-je donc traverser les trois quarts du continent sud américain pour aller revoir (mais cette fois dans un tout autre contexte que celui de janvier 2000) dans ce pays si près du soleil (et peut-être un peu de Dieu…) comment on peut survivre à l’adversité rugueuse de ces hautes montagnes… et faire humblement (comme seule Miriam est capable de le faire) le métier d’organisatrice communautaire ???
Voilà où j’en suis… Je prendrai une décision d’ici demain matin… Dois-je rester dans le pays d’Évita Perron, du Tango, et du Maté ou bien me rendre dans celui des lamas des Aymaras et de leur président Évo Morales?
C’est ce que nous verrons plus tard !
Je vous embrasse… (j’ai retiré Miriam de ma liste d’envoi… puisque je veux peut-être lui faire une surprise…) Alors Chhhhhhhhh pour ceux qui la connaissent.
Salut
Richard
1er carnet en Argentine
15 janvier 2007Après une dizaine de jours en Argentine avec Rozana, je me décide d’écrire un premier petit carnet afin de vous donner quelques unes de nos impressions de ce pays du bœuf, du vin, des Gauchos (cow-boy), des submarinos (chocolat
chaud), du Che, d’Évita et de Malfalda…
Tout d’abord je dois vous dire que mes deux derniers mois de l’année (rénos, déménagement, et tout ce qui vient avec …) ne m’ont pas vraiment permis de préparer ce voyage comme on le ferait normalement… Alors je me suis retrouvé à faire mes bagages à la dernière minute et me voilà avec deux rasoirs, deux tubes de crème solaire, pas de chapeau, ni de costume de bain, des livres en trop… mais aussi des kilos. Mais le fait de voyager sans trop de préparation a sûrement aussi ses avantages, au niveau de la réduction des attentes par exemple. Le voyage a commencé un peu sur le pilote automatique dû à la fatigue, et comme dans tout bon voyage, peut-être que c’est le décrochage de notre quotidien qui sera l’attente numéro 1, s’il y en a une… mais je devrai la jumeler avec du repos pour bien entamer ce séjour avec ma petite Rozana.
Un voyage Montréal-Buenos Aires long de presque 20 heures, dû à un arrêt de 4-5 heures au pays de los yankees à Miami, nous a fait apprécier notre arrivée dans la capitale argentine au petit matin du 5 janvier. L’appartement, plutôt un studio du 11e étage d’un édifice du centre-ville, que nous avions loué pour nos premiers jours, nous attendait loin du chahut des rues achalandées d’une heure de pointe d’un vendredi matin de cette métropole d’Amérique du sud.
J’aurais bien commencé ce séjour par une petite sieste, mais ma tendre Rozana ne l’entendait pas ainsi… Je lui avait tant parlé de ces morceaux de chocolats que l’on plongent dans des verres de lait chaud qu’on appelle submarino (sous-marins) et que l’on sert dans les nombreux cafés argentins, la princesse n’en avait que pour son palais! Alors faisons un petit tour du carré et allons prendre notre premier submarino argentin ! 
Malgré que l’automobile semble régner davantage sur cette ville qu’à Montréal, les endroits d’arrêts, les parcs, l’architecture, les charmes de cette ville, dont ses cafés qu’on ne décompte plus, nous permettent d’apprécier la vie urbaine. Malgré la vie trépidante nocturne que Buenos Aires semble avoir, les enfants ont aussi leur place le jour avec beaucoup d’endroits qui leurs sont réservés. Nous avons fait l’expérience d’un des deux zoos de la ville, le musée des enfants qui est dans un centre d’achat (un peu trop commercial à mon goût, mais Rozana a aimé…), les parcs de la ville, etc…

Notre premier dimanche argentin nous l’avons passé près de notre quartier dans San Telmo, où l’on ferme l’avenue Defensa pour y installer sur plus d’un kilomètre des centaines de kiosques d’artisans, des spectacles de musique, de théâtre… c’est là que nous avons vu nos premiers danseurs de tango… on m’a même initié à un premier cours, Rozana a bien ri!
Nous avons retrouvé notre amie Dorotéa chez sa tante Cynthia au cœur de la ville. Que ça fait plaisir de rencontrer des argentins en Argentine… non, ce n’est pas tout à fait que je veux dire… mais en tout cas
vous devez sûrement comprendre… Dorotéa ramènera Rozana à Montréal après deux semaines et demi de voyage alors que je continuerai seul ce périple jusqu’à la mi-février. Avec Dorotéa et Cynthia, j’ai été initié à mes premiers morceaux de bœufs argentins… ici c’est le maître des repas. Nous retrouvons des parrillas (resto où l’on vous sert des grillades et des pièces de viandes de toute sorte) à tous les coins de rue… S’il est vrai que les pets de vaches font plus de gaz à effets de serre que l’automobile, disons que le trou dans l’atmosphère au dessus du pôle nord est à l’industrie pétrolière nord américaine ce que le trou au dessus du Pôle sud est aux pets des vaches argentins…
Depuis 5 jours que nous avons quitté la capitale pour San Clemente del Tuyu, une petite ville de la côte qui se trouve à l’embouchure de la très grande Rio Plata et l’océan Atlantique…Ça fait du bien ! Ici encore nous n’avons pas eu trop de problème à trouver des activités familiales à faire, plage, parc récréo-touristique marin (El mundo marino, une espèce de walt disney du milieu marin) et même dans un centre de bain thermal ou nous avons passé toute une journée, Rozana a eu sa place avec de l’animation pour enfant et quelques uns des bains (piscines avec eau sulfureuse ou salée) destinés aux familles… Quelle journée!

L’aspect le plus remarquable de la société argentine est la consommation du maté et son omniprésence … partout à la plage, sur la rue, dans les endroits publics, on traîne avec soi le grand thermos d’eau chaude et son sac de maté (herbe argentine qu’on consomme en infusion), on rempli au trois quart avec les feuilles séchées, un récipient conçu pour cette boisson, on rajoute l’eau chaude et on boit avec une tige (des fois en métal). Quand c’est l’heure du maté autour de 4-5 heures de l’après-midi… toute l’Argentine semble s’arrêtée! Riches, pauvres, travailleurs, chômeurs, hommes, femmes, jeunes, vieux, autochtones et blancs… s’il y a quelque chose qui unit les argentins ce n’est ni Évita ou Malfalda mais bien cette boisson!
Nous retournons demain à la capitale, c’est la fête de Rozana, je tenterai de lui trouver un petit quelque chose de spécial pour souligner l’arrivée de ses 6 ans… Elle demeure toujours année après année une excellente voyageuse… Bonne fête Rozana!
On vous embrasse !
Richard et Rozana